• Un Homme est passé - John Sturges (1955)

     

    Un Homme est passé - John Sturges (1955)

     

     

    Pour la première fois depuis quatre ans, un train s'arrête à Black Rock, bourgade perdue en plein désert. Un homme y descend, John Macreedy, un manchot élégamment vêtu, venu dans le but de rencontrer un Japonais. Mais celui-ci est
    mort. Un mystère plane au-dessus de cette disparition, qu'aucun des habitants, depuis le vieux docteur sympathique jusqu'à la jeune garagiste, ne semble
    vouloir éclaircir. Que s'est-il donc passé ? Plus Macreedy essaye de comprendre
    et pose de questions, plus la population se montre menaçante....

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    Film complet, tout y est, les archétypes du western comme ceux du “film noir”, l’homme solitaire face à la bourgade coupable, la petite communauté apeurée
    et le sursaut moral, la casquette rouge de Robert Ryan (le Méchant)
    et le costume noir de Spencer Tracy (le Bon), et les paysages désertiques
    magnifiés par le Scope

    Un Homme est passé - John Sturges (1955)

    Un scénario simple et remarquable sans oublier l'inoubliable performance
    d'acteur du grand Spencer Tracy. Spencer Tracy y est une fois de plus époustouflant dans le rôle de cet homme mystérieux en quête de justice. Le reste du casting n’est pas en reste, les villageois étant entre autres interprétés par Lee Marvin et Ernest Borgnine. Robert Ryan est terrifiant et c’est un vrai duel entre lui et Tracy. le reste est une bande de cloportes qui creve de trouille, depasse par la monstruosite du crime qu’ils ont laisse faire. 

    Un Homme est passé - John Sturges (1955)

     Un très beau film sur le racisme et la lâcheté.

    " Un homme est passé " entame un long travail de repentance. Pour la première
    fois, un film hollywoodien reconnaît enfin le rôle peu glorieux des Etats-Unis
    dans le traitement de sa population d’origine nippone, dont une grande
    partie – plus de 120 000 – fut écrouée dans des camps à la suite de l’attaque
    sur Pearl Harbour.

    John Sturges, « la majorité des gens jugeaient que la décision d’interner
    les Japonais américains n’était pas une bonne chose et était appliquée sans justification ».

    Un Homme est passé - John Sturges (1955)

    En vérité, Komoko n'a même pas été mis dans un camp, il a été lynché
    au lendemain de Pearl Harbor, dans un élan de délire patriotique par
    une partie des habitants, menés par Reno Smith. La ferme a été également
    brûlée. McReady était venu voir Komoko pour lui remettre la médaille de
    son fils mort au combat dans la 442 RCT.

    Au sein des forces armées des États-Unis de la Seconde Guerre mondiale,
    la 442e Regimental Combat Team (RCT) était une unité d’infanterie de
    l'United States Army formée par des volontaires Nippo-Américains engagés
    pour démontrer la loyauté et le patriotisme des Nippo-Américains envers
    la nation d'adoption de leurs parents. Alors que leurs familles
    (120 000 Nippo-Américains) étaient incarcérées dans dix camps de concentration
    sur le territoire américain.

    Au niveau de l’image, c'est une des plus belles démonstrations de maîtrise
    du format CinémaScope qu'il soit donné de voir : depuis le train filmé pendant
    le générique-début, jusqu'aux silhouettes savamment alignées sur fond de ciel,
    en passant par le long corps de Lee Marvin étendu sur le lit d’hôtel de
    Spencer Tracy, chaque image semble être conçue en fonction d’un
    dynamisme horizontal.

    Un Homme est passé - John Sturges (1955)

    « Un Homme est passé » est une œuvre quasi-parfaite, bâtie de façon symétrique. Le train s'arrête pour la première fois à Black Rock depuis des années.
    Quand il repassera, la ville et ses habitants ne seront plus les mêmes et
    le passé pourra enfin être enterré avec les péchés générés par la guerre.

    Très grand film, très beau sujet, très bons acteurs. Un classique 


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